Trois jours à Katmandou

6 novembre 2023

Reportages

16- Katmandou

Bodnath – octobre 2023

   J’en étais resté au Katmandou des hippies. Les cheveux longs et les yeux hagards ont disparu. D’autres hordes emmenées par des guides touristiques les ont remplacés. Ce sont peut-être les mêmes qui se sont embourgeoisé. J’étais là en transit, sans prétention. Mais je voulais dépasser les évidences, celles des architectures anciennes qui éblouissent tant les touristes étrangers. Trois jours, c’est peu. Il faut aller à l’essentiel.

   C’est au petit jour, avant huit heures, que l’ambiance est la meilleure. Les touristes sont encore au lit ; les guichets qui perçoivent le droit des visites sont encore fermés ; les pseudo-guides ne viendront que bien plus tard. Dans ce pays qui croit au karma, l’aurore est la réincarnation de l’hier, la possibilité de nouvelles photographies pour révéler la candeur du matin. Aujourd’hui, on prétend enregistrer la vie avec des milliers de fichiers sur une carte SD. Pour moi, ce ne sont que 36 poses sur une pellicule de type 135. Les couleurs sont absentes, les scènes débarbouillées des chatoiements trop faciles. 36 vues pour essayer de révéler quelque chose dans le fatras des exclamations du quotidien comme dans ses recueillements. Pourquoi cette limitation ? Parce que photographier, c’est demander l’impossible au hasard. On est rarement exaucé pour toucher l’excellence, pour dépasser le banal souvenir, alors 36 poses c’est bien suffisant. Le surlendemain de mon départ, un séisme majeur fera plus de 130 morts. Même les prières sont fort peu exaucées…

Népal
Album : Népal
Trois jours au Népal du 28 au 30 octobre 2023
26 images
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À propos de LAURENT JEANNIN

Depuis plus de 30 ans, Laurent Jeannin parcourt le monde à la découverte de sa plus grande richesse : ses peuples. Il fait souvent le grand écart entre l'Amérique du sud et l'extrême orient sans pour autant négliger l'Europe et bien sûr la France. La photographie est son mode d'expression favori, qu'il conjugue sous forme de diaporamas en fondu enchaîné et sous forme de photographies noir et blanc dont il assure lui-même le traitement. "L'acte photographique n'a de sens et d'intérêt que parce qu'il me permet de comprendre le monde, ni plus ni moins. Photographier ce qu'on pense rend aveugle, penser à ce qu'on photographie rend borgne. Alors je préfère me laisser surprendre par la vie : le hasard compose, je dispose."

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