Iran, le pays des poètes

30 décembre 2017

Divers, Histoire d'une photo

01-Ispahan

Ispahan – octobre 2017

Cette roue sur laquelle nous tournons
Est pareille à une lanterne magique.
Le soleil est la lampe, le monde, l’écran.
Nous sommes les images qui passent.

Le véritable bonheur, c’est une rose,
Deux pains de froment, trois amis,
Quatre chansons et cinq flacons de vin.

Un livre de vers sous la ramée,
Un pichet de vin, une miche de pain… et toi
A mes côtés chantant dans la solitude…
Et la solitude est à présent le paradis!

Que ce soit à Naishapur ou à Babylone,
Que la coupe soit douce ou amère,
Le vin de la vie continue de couler goutte à goutte,
Les feuilles de la vie continuent de tomber une à une.

Lève-toi, donne-moi du vin, est-ce le moment des vaines paroles ?
Ce soir, ta petite bouche suffit à mes désirs.
Donne-moi du vin, rose comme tes joues…
Mes voeux de repentir sont aussi compliqués que tes boucles.

Tous les matins la rosée emperle les tulipes
Les violettes inclinent leurs têtes dans le jardin
En vérité rien qui ne me ravit comme le bouton de rose
Qui semble ramasser autour de lui sa tunique soyeuse.

Je bois du vin et quiconque boit comme moi en est digne.
Si je bois c’est chose bien légère devant Lui.
Dieu savait dès le premier jour que je boirais du vin.
Si je ne buvais pas la science de Dieu serait vaine.

Je ne suis pas homme à craindre le non-être
Cette moitié du destin me plaît mieux que l’autre moitié
C’est une vie qui me fut prêtée par Dieu
Je la rendrai quand il faudra la rendre.

Khayyam (~1040-~1123)
extraits des Ruba’iyyat
, ,

À propos de LAURENT JEANNIN

Depuis 30 ans, Laurent Jeannin parcourt le monde à la découverte de sa plus grande richesse : ses peuples. Il fait souvent le grand écart entre l'Amérique du sud et l'extrême orient sans pour autant négliger l'Europe et bien sûr la France. La photographie est son mode d'expression favori, qu'il conjugue sous forme de diaporamas en fondu enchaîné et sous forme de photographies noir et blanc dont il assure lui-même le traitement. "L'acte photographique n'a de sens et d'intérêt que parce qu'il me permet de comprendre le monde, ni plus ni moins. Photographier ce qu'on pense rend aveugle, penser à ce qu'on photographie rend borgne. Alors je préfère me laisser surprendre par la vie : le hasard compose, je dispose."

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5 Réponses à “Iran, le pays des poètes”

  1. TERRY Dit :

    Je suis de ceux qui ont vécu un recueil de poèmes à la main, mais il faut dire qu’à l’époque (et je parle d’un temps pas si lointain !) je passais déjà pour un extraterrestre… Aujourd’hui on se gargarise de citations toutes faites d’auteurs dont on ne connait rien d’autre que ces mots choisis par le dieu Internet !
    Si autrefois on citait volontiers Montaigne « Fâcheuse suffisance qu’une éducation purement livresque » que devrait-on dire aujourd’hui…

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    • LoJ Dit :

      Je suis de ceux qui déplorent la médiacratie qui prétend dire le Vrai sur la seule base de ce qu’elle choisit de mettre en lumière, quand elle n’en organise pas la mise en scène de bout en bout. Alors vive la poésie en recueils ou à défaut, puisque c’est désormais incontournable, sur Internet…

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  2. debarros Dit :

    Il a marché, marché sans relâche jusqu’à épuisement comme un témoin fidèle à tous ses semblables.

    Seule son âme survivra à travers une fleur. Je suis « résurrection ».
    Tout au long des ans, tout au long des saisons, je serai témoin de ma vie
    Qui protégera de la barbarie, tous les Enfants du Monde, même lorsque je serai devenue églantine en illuminant tous les chemins.

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