Le travail qui se voit

9 mai 2015

Reportages

La Sicile est riche d’un patrimoine architectural qui s’étend de l’antiquité gréco-romaine à la période baroque. C’est d’ailleurs ce qui attire les flopées de touristes en goguette. Si je suis moi-même sensible à ces témoignages de l’histoire,  je me sens encore plus attiré par l’activité humaine qui se voit, qu’on devine fragile, menacée par la cupidité, mais qui résiste encore à la folklorisation du monde.

La pescheria de Catane est l’un de ses lieux qui se mérite au petit matin, qui se respire obligatoirement, qui s’écoute forcément, qu’on voit s’animer au fil des heures. Le moment que je préfère, c’est quand il s’installe avant l’arrivée de la foule. A la différence des camps de consommation, impersonnels, aveugles, a priori aseptisés, il est plutôt rassurant de voir la provenance de ce qu’on achète, le soin apporté au conditionnement, et même de connaître la personne dont on rémunère le travail en contrepartie du service rendu et non je ne sais quelle plateforme d’achat à distance qui déshumanise, désocialise, tue la convivialité des rapports humains et qui in fine réduit la personne à sa seule fonction de consommation dont nul connaît le grand marionnettiste.

Le bon sens du commerce
Album : Le bon sens du commerce
Le bon sens du commerce, c'est celui qui rapproche les gens, qui fait se rencontrer les personnes, non celui qui les éloignent les unes des autres.
11 images
Voir l'album
, ,

À propos de LAURENT JEANNIN

Depuis 30 ans, Laurent Jeannin parcourt le monde à la découverte de sa plus grande richesse : ses peuples. Il fait souvent le grand écart entre l'Amérique du sud et l'extrême orient sans pour autant négliger l'Europe et bien sûr la France. La photographie est son mode d'expression favori, qu'il conjugue sous forme de diaporamas en fondu enchaîné et sous forme de photographies noir et blanc dont il assure lui-même le traitement. "L'acte photographique n'a de sens et d'intérêt que parce qu'il me permet de comprendre le monde, ni plus ni moins. Photographier ce qu'on pense rend aveugle, penser à ce qu'on photographie rend borgne. Alors je préfère me laisser surprendre par la vie : le hasard compose, je dispose."

Voir tous les articles de LAURENT JEANNIN

Inscrivez vous

Abonnez-vous à notre newsletter pour recevoir les mises à jour par e-mail.

Pas encore de commentaire.

Laisser un commentaire

Unblog.fr | Annuaire | Signaler un abus