Bourbon Lancy : Flagrants déclics

14 septembre 2011

Expositions

Exposition du lundi 3 au samedi 22 octobre 2011 – Médiathèque de Bourbon Lancy rue Turelier.

Visites commentées mercredi 19 à 17h00 et samedi 22 octobre à 11h00 sur inscription à l’accueil de la médiathèque ou au 03 85 89 09 40

Bourbon Lancy : Flagrants déclics
Album : Bourbon Lancy : Flagrants déclics
Voici un échantillon de cette exposition...
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Notre quotidien nous offre tant à voir, mais que regarde-t-on vraiment ? Par rapport à n’importe quel Bourbonnien qui connaît par cœur son environnement au point de ne plus y faire attention, j’ai profité de ma récente installation dans cette ville pour porter un regard non encore pollué par l’habitude.

Cette exposition rassemble deux années d’instantanés (2009-2010) pris au cours de mes promenades à pied, le mode de locomotion le plus adapté à Bourbon Lancy.

Ces photographies sont probablement nouvelles pour les Bourbonniens. D’une part, elles diffèrent des cartes postales du vieux Bourbon si souvent reproduit sur les plaquettes promotionnelles ou les revues régionales ; d’autre part, elles sont en noir et blanc pour dépasser la simple fonction illustrative de l’image. Tout l’intérêt en effet est de voir au-delà de ce qui est représenté, de découvrir la forêt qui se cache derrière l’arbre…

Nombreuses seront les personnes qui ne reconnaîtront pas  » leur  » Bourbon Lancy. Mais s’agit-il de reconnaître ? En fait, je n’ai pas photographié Bourbon Lancy ou son image convenue(ville thermale au passé médiéval). J’ai photographié à Bourbon Lancy, petite ville en milieu rural des bords de Loire. Là comme ailleurs, il s’agissait pour moi de mettre en lumière des questionnements et des émotions qui, bien que constamment présents, sont invisibles à nos consciences inattentives. Ainsi, l’intensité sinon la signification protestataire d’un graffiti est elle certainement différente à Bourbon qu’à la Courneuve. De même, un pêcheur du plan d’eau est-il dans un état d’esprit différent de celui d’un pêcheur breton.

Les questionnements sont universels, mais leur expression ont une teinte locale. L’un de ceux qui m’est apparu assez fréquemment est celui des rapports au temps : le rapport au temps passé, les relations entre les générations ; mais aussi la façon de passer son temps ou de prendre son temps à Bourbon Lancy. Le rythme est sans comparaison avec celui d’une grande ville.

J’ai souvent entendu dire des Bourbonniens eux-mêmes qu’il ne se passait rien à Bourbon Lancy. Vrai ou faux, peu importe, rien ce n’est pas le néant. Redevenir spectateur de notre environnement, des petits riens qui forment notre quotidien, tel est l’objet de cette exposition.

Cependant, un travail photographique de ce type n’est jamais complet : par exemple, je n’ai pas abordé le milieu professionnel qui requiert non seulement des autorisations mais aussi une demande. Il n’est jamais fini non plus : la ville change, sa population aussi, et le contexte est toujours mouvant.

Cette exposition n’est en définitive qu’une ébauche. En fonction de l’accueil qui lui sera réservé, de l’intérêt suscité voire de l’utilité que ce travail peut potentiellement représenter, il pourra être approfondi ou complété sur des sujets plus précis de la vie locale. Quoiqu’il en soit, je demeure à l’affût du quotidien bourbonnien, du quotidien tout court…

Note du 17/12/2011 : un aperçu de l’intégralité de l’exposition est visible sur Diaventure.

À propos de LAURENT JEANNIN

Depuis plus de 30 ans, Laurent Jeannin parcourt le monde à la découverte de sa plus grande richesse : ses peuples. Il fait souvent le grand écart entre l'Amérique du sud et l'extrême orient sans pour autant négliger l'Europe et bien sûr la France. La photographie est son mode d'expression favori, qu'il conjugue sous forme de diaporamas en fondu enchaîné et sous forme de photographies noir et blanc dont il assure lui-même le traitement. "L'acte photographique n'a de sens et d'intérêt que parce qu'il me permet de comprendre le monde, ni plus ni moins. Photographier ce qu'on pense rend aveugle, penser à ce qu'on photographie rend borgne. Alors je préfère me laisser surprendre par la vie : le hasard compose, je dispose."

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